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Education

L’enseignement sacrifié

 

Education : le grand gâchis   

  par M. O.

Pendant la période qui a suivi l’indépendance du pays, l’école a constitué le creuset de l’identité nationale et de cohésion sociale. Aussi a-t-elle favorisé l’essor d’une large classe moyenne et su susciter et entretenir l’espoir d’ascension et de progrès.

 Les dirigeants de l’époque, purs produits de l’école, ont misé gros sur celle-ci.

Quelles que eussent leurs motivations réelles, ils ont consenti, pour l’éducation, des efforts considérables. Avec 8 voire 9 % du PIB, la Tunisie n’aurait absolument rien à envier en la matière aux pays les plus développés.

 Il est vrai que pour la suite, et pour plusieurs raisons, la situation s’est relativement et progressivement dégradée, notamment dans l’université mais sans que les choix initiaux ne soient radicalement remis en question.

 Cependant après le coup de force de novembre 1987 qui a amené un général à la tête du pays, une « réforme du système éducatif » fût annoncée et menée tambour battant. Elle se révèlera juste une médiocre opération de politique politicienne. Son maître d’œuvre ( Mohamed   Charfi ) sera d’ailleurs congédié aussitôt les objectifs réels atteints.

 Sur un plan strictement éducatif, la réforme qui prétendait promouvoir une expansion éducative a pris l’allure d’une farce. Ses dindons ! Ce sont, c’est souvent le cas en Tunisie comme ailleurs, les couches populaires et la classe moyenne. Réduite, sous l’effet de la thérapie de choc infligée à l’économie et à la société tunisiennes, à la portion congrue, cette classe se voit doublement pénalisée.

 Bien que principale contribuable, elle voit jours après jours les portes de l’école publique se fermer devant ses enfants ( près de 30% des élèves n’achèvent pas les neufs années d’études prévues dans l’enseignement de base et quittent l’école de manière précoce ). Et puisqu’elle continue à croire au salut par l’école, elle se rabat sur les officines privées dont la pullulation n’a rien changé de sa réputation d’enseignement de second degré.

 Résultat ? Le système éducatif jadis relativement homogène et égalitaire a laissé la place à quelques îlots de prospérité baignant dans un océan de misère éducative.

Cette évolution laisse pour seule perspective pour une grande partie des jeunes, une sorte de  « sous SMIC scolaire » appelé pompeusement : école de base !

 Face à ceux qui réussissent à franchir ce stade se dresse une foultitude d’obstacles, à commencer par l’éternelle sélectivité de l’examen de la fin des études secondaires dit Baccalauréat ( à peine  7 % de l’ensemble de l’effectif des élèves scolarisés parviennent jusqu’à la septième secondaire et obtiennent leur baccalauréat ).

 Viennent ensuite les problèmes de l’enseignement supérieur avec notamment ce que les spécialistes appellent « l’effet d’évaporation », stigmatisant ainsi le taux d’échec et d’abandon très élevé dans le premier cycle de l’enseignement supérieur.

Un autre obstacle réside dans la hausse vertigineuse des droits d’inscription. Ceux pour le troisième cycle universitaire ont littéralement explosé. En l’espace de quelques années, ils ont été multipliés par 40 pour les filières littéraires et anthropo-sociales et par 80 pour les filières scientifiques et technologiques. Le lecteur appréciera au passage la pertinence de telles mesures pour un pays dont les dirigeants prétendent vouloir engager une bataille totale pour le développement.

Les malheurs de ceux qui ont parié sur l’éducation pour assurer leur avenir et sortir leurs familles de la précarité, n’ont pas fini pour autant. Le chômage des diplômés est l’épée de Damoclès qui menace les jeunes diplômés tunisiens de plus en plus sceptiques quant à leur chance de trouver un emploi digne et qui correspond à leur formation et leur parcours du combattant ( le fonds 21/21 -improvisé par le pouvoir tunisien- pour l’emploi, notamment des jeunes diplômés, en est l’illustration parfaite ).

 En somme, nous sommes passés d’un système où l’école occupait une position centrale dans la société à un système où l’appareil répressif prend le pas sur tout le reste ! Il suffit pour s’en convaincre de comparer l’évolution des budgets et les effectifs des deux ministères de tutelle : l’Education et l’Intérieur !

 Chers concitoyens, L’Education est une affaire trop sérieuse pour laisser les seuls généraux et autres politiciens en déterminer le sort, il y va de l’avenir de notre pays.

Tunisiens amoureux de votre patrie, écrivez-nous, participez avec nous à redonner à l’Education la place qui lui revient dans notre société.   

 

DOCUMENTATION:

1- Loi n°91 - 65 du 29 Juillet 1991, relative au système éducatif

2- Rapport du Forum Mondial sur l’éducation : L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays :TUNISIE  - 1ère partie
 

3- Rapport du Forum Mondial sur l’éducation  :  L'évaluation de l'éducation pour tous à l'an 2000 : Rapport des pays :TUNISIE  - 2ème partie

 

  
  
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