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La
transparence qui est l’une des valeurs sur lesquelles
reposera toute notre démarche nous impose rigueur et probité
quand il s’agit de répondre à la question qui reviendra le
plus souvent dans les débats : qui sont ces gens ?
Que peuvent-ils ajouter à un espace politique déjà engorgé
et irréductiblement compliqué ?
Ce qui
manque gravement à notre chère Tunisie, c’est une approche
réformatrice.
Laminée
par des décennies de pouvoir personnel et d’une pensée
unique réductrice et accablante, la société tunisienne s’est
résignée au statu quo et a appris à cohabiter avec des
ajustements et des retouches maquillés en
« grandes avancées historiques » par les
pouvoirs politiques.
Mise à l’écart
systématiquement par les acteurs politiques, du pouvoir comme
de l’opposition, notre société n’a jamais été le point
névralgique sur lequel devrait se concentrer toute la démarche politique. Les défaillances et les
dysfonctionnements lorsqu’ils sont recensés par l’opposition,
c’est pour clouer au pilori le régime et non pas pour
inciter à la réflexion et au travail de réforme. Le
réformateur a une vision idéaliste des phénomènes sociaux,
il s’implique dans l’événement
et assume ses responsabilités sans équivoque, même
en l’absence de contre-partie politique.
Cette
spécificité nous rend indispensables dans le paysage
politique et social de notre pays. Nous sommes démocrates
et nous sommes réformateurs. Nous sommes démocrates
parce que nous sommes des femmes et des hommes libres ;
nous sommes réformateurs parce que nous sommes des citoyens
responsables.
Notre
démarche est un mélange de dénonciation ( les abus
du Régime ) et d’énonciation ( projet d’avenir). Nous sommes en même temps une force
d’opposition et une force de propositions.
Notre
credo devrait être : « proposer pour mieux
s’opposer ».
Par ce
travail, nous voulons contribuer à la réalisation des
objectifs suivants :
1) promouvoir
la participation citoyenne
Donner
la parole aux Tunisiennes et aux Tunisiens sur les sujets qui
les préoccupent en vue de mettre en place un Programme
National privilégiant la Réforme et luttant contre toute
forme d’immobilisme et d’aliénation. Ceci doit être fait
en tout état de cause, dans le cadre des
valeurs qui ont présidé à cette initiative.
Bien
au-delà du contenu qui ne devrait pas manquer de pertinence,
puisque élaboré par les acteurs sociaux eux-mêmes, c’est
la méthode qu’il faut surtout retenir. Apprendre et inciter
nos concitoyens à exercer pleinement leur citoyenneté serait
le meilleur rempart contre ces vieux démons que sont l’asservissement
et l’abrutissement.
2) Moraliser
le comportement politique : fonder l’action sur des
principes éthiques
La
conduite de nos affaires, l’exercice de nos droits, la
défense de nos objectifs et intérêts doivent se faire dans
la plus grande correction et le plus grand respect des
différents protagonistes.
En
adoptant une conduite exemplaire, en donnant l’exemple à
nos concitoyens, nous contribuons à réconcilier les
Tunisiens avec la politique et avec l’action citoyenne. La
politique retrouvera ainsi ses lettres de noblesse et le
phénomène d ‘apathie politique, qui a tant handicapé
notre pays, ne serait plus qu’un mauvais souvenir.
3) Faire
la politique avec du neuf
Imposer
aux tunisiens les mêmes structures archaïques et
sclérosées, et les mêmes acteurs que l’on retrouve dans
tous les communiqués ( les rentiers de l’opposition), n’exprime
pas une réelle volonté de Réforme. Il faut innover dans les
idées certes, mais aussi dans les structures et les hommes.
Réussir
à convaincre des tunisiens viscéralement apolitisés de
porter et de défendre un projet de société est d’une part
un camouflet pour le Régime qui a construit son règne sur la
peur et la négation de la citoyenneté, et un signe on ne
peut plus révélateur de la force et la pertinence de ce
projet, de l’autre.
4) De
l’exclusion à l’inclusion
A l’image
de la société démocratique dont nous rêvons tous, notre
initiative doit s’ouvrir à tous celles et ceux qui
expriment la volonté de promouvoir les valeurs qui la
fondent. Inclure et non pas exclure, est la pierre
angulaire de toute structure qui se veut démocratique.
Faut-il
rappeler que c’est toujours
la dictature qui profite le mieux de l’exclusion et de l’ostracisme.
Dans notre pays comme ailleurs,
l’exclusion a provoqué et amplifié l’apathie
politique. Car le comportement politique des exclus est à l’image
de leur sentiment d’abandon : largués, ils larguent à
leur tour. C’est une évidence : l’exclusion
détourne de toute forme d’engagement citoyen et décourage
la participation.
5) Une
politique de proximité
Notre
conception de l’action politique doit se démarquer des
approches élitistes ignorant et méprisant une majorité de
la société acculée à la consommation et à l’attentisme.
Nous devons inventer des méthodes de travail qui élargissent
le champ de la citoyenneté au plus grand nombre. Il devient
urgent de briser le mur qui sépare les deux parties de la
société : une minorité qui agit et une majorité qui
subit.
Il
nous faut un commando de femmes et d’hommes d’action qui
agissent dans, avec et pour la société et non pas en marge,
à l’insu ou contre elle.
6)
des structures souples et un engagement accommodable et
négocié
Le
glas a bien sonné pour les structures rigides, pyramidales et
profondément centralisatrices. En imposant à leurs
adhérents une discipline raide et une obéissance aveugle, ce
type d’organisation s’auto limite à
quelques fidèles endoctrinés et inféodés, et se
prive par conséquent du dynamisme et de la vivacité que
procurent le débat et le conflit des idées. Nous
ne voulons pas d’une troupe de subordonnés mais d’une
association de partenaires.
Il
s’agit de reconnaître à chacun des acteurs/partenaires une
autonomie relative, des objectifs propres et dès lors une
stratégie personnelle pour les atteindre. La structure
apparaît alors comme un ensemble complexe de stratégies d’acteurs
en interaction, où alternent coopération et antagonismes.
Des règles collectives
de jeu doivent exister, mêmes tacites, ainsi que les limites
à ne pas dépasser, au risque de porter atteinte à la survie
de la structure, c’est-à-dire à l’atteinte des objectifs
collectifs qu’elle s’est fixés.
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