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Gouvernement
et Responsabilité
Dans une
démocratie authentique, gouvernement rime avec
responsabilité.
L’exercice du
pouvoir dans la société ne s’effectue pas d’une
manière absolue et autoritaire, il est clairement
assujetti à un dispositif juridique qui en fixe les
modalités et en détermine les responsabilités.
Gouverner c’est
occuper une fonction, de responsabilité. Ceux qui l’exercent
s’exposent au contrôle de l’opinion publique et
seraient tenus pour responsables de tous leurs actes.
L’exigence de
transparence, d’ores et déjà incontournable, dans la
vie politique moderne, requiert l’élargissement du
champ de cette responsabilité. Elle est en ce sens le
dispositif le plus efficace pour la consolidation de la
confiance dans la société.
En effet, si le
droit constitutionnel a su développer la notion de
responsabilité ministérielle au point d’en faire une
spécificité du parlementarisme, c’est avec le droit
international, notamment sa branche humanitaire, que
cette notion a vu son extraordinaire métamorphose vers
la « lutte contre l’impunité ».
Désormais, tout
responsable politique est susceptible d’être
poursuivi, arrêté et traduit devant la justice
internationale pour des crimes commis pendant son
mandat.
Obéir aux ordres
de sa hiérarchie politique et administrative ne peut
constituer, en aucun cas, une présomption d’innocence
ou un alibi pour échapper à la justice.
Depuis les fameux
procès de Nuremberg, un nouveau concept a fait
irruption : «
l’obéissance raisonnée »
qui érige les valeurs humaines en principes suprêmes
qu’aucune autorité ne doit transgresser.
Ce fut en Tunisie
une première, avec le mandat d’arrêt suisse contre
Abdallah Kallel, ancien ministre de l’intérieur,
impliqué dans des pratiques de torture au sein même de
son ministère. Ce fut le cas aussi d’un autre ancien
ministre de l’intérieur, Habib Ammar en l’occurrence,
dont les méthodes fortement répressives n’ont pas
échappé à l’Organisation Mondiale Contre la Torture
( OMCT ).
Le temps de l’impunité
est révolu.
Les dirigeants quel que soit leur niveau de
responsabilité, ne peuvent plus s’abriter derrière l’ignorance.
Nul n’est censé
ignorer les atteintes graves aux libertés et aux droits
de l’Homme dans notre pays.
Dirigeants de
notre pays, réagissez avant qu’il ne soit trop tard…Saisissez
cette chance et soyez vraiment responsables ! Sinon vous
seriez tout simplement responsables
et coupables…
traqués sans cesse par les trois justices : la
justice internationale, la
justice de
l’Etat démocratique tunisien de demain
et la justice de
Dieu.

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