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Education


L’enseignement sacrifié

par "Morale républicaine"

 En 1931 Paul Valéry écrit dans Regards sur le monde actuel, un essai mettant en garde les politiques contre toute tentative de mettre l'éducation au service de leurs intérêts électoraux. Il a en outre prévenu contre tout bricolage des diplômes pour ne pas hypothéquer l'avenir de la France. Condorcet pensait que l'école démocratique et accessible à tous constituait la colonne vertébrale de la république. De tels soucis ne semblent pas effleurer le régime tunisien en place qui excelle dans la manipulation des institutions pour les soumettre à son service.

 La Réforme du Bac

 ( voir la Presse du dimanche 30 décembre 2001, le lendemain de la révocation du Juge Yahiaoui! )

  Première mouture: Le bâton

  La première réforme a vu le jour suite aux troubles qu'ont connus les lycées et le mouvement de protestation politique mené par les élèves qui ont tenu des propos extrêmement virulents contre le régime en place. Ce fut la grande surprise alors que le régime croyait que rien de menaçant ne pouvait venir des jeunes qu'il considérait comme superficiels surtout que les universités étaient et sont toujours d'ailleurs, sous bonne garde. Leur demandes étaient avant-gardistes et dépassaient le cadre de leur préoccupations habituelles pour réclamer la liberté et la démocratie et le départ du régime actuel. Suite à cela, et comme toujours, dans l'improvisation la plus absolue le régime décréta des mesures draconiennes contre les élèves et notamment le durcissement des épreuves du bac comme mesure de punition collective et surtout le conditionnement de la réussite au certificat de bonne conduite wal indhibat. Une mesure policière qui a mis l'huile sur le feu ce qui a entrainé à terme le retrait de cette réforme improvisée s'abritant derrière la rumeur pour ne pas perdre la face après cette reculade.

  Deuxième mouture: la carotte

 Aujourd'hui le régime change de tactique sans se soucier des élèves, ni de leur formation ni de leur avenir en matière d'emploi, et d'une manière plus large de l'avenir de notre pays.

 La nouvelle réforme sous des apparences trompeuses et de fausses promesses pour faire plaisir aux parents et calmer la grogne des élève avides de liberté et de projet d'avenir autres que de traverser la méditerranée pour émigrer et se faire ramasser comme cadavre sur l'île de Lampedusa. Le régime décide ce qui suit:

 améliorer artificiellement le taux de réussite de 14% en intégrant 25% de la moyenne annuelle dans la moyenne générale après l'examen final. Cette amélioration des chiffres se fait au détriment de la qualité, ainsi on sacrifie l'enseignement à des fins populistes et on dilapide l'héritage bourguibien en mettant en place un enseignement à double vitesse. Après l'économie parallèle nous voilà à la porte d'un enseignement parallèle. Comment?

 Dans un pays où le savoir n'est pas récompensé, où les hommes et les femmes du savoir sont minorés et relégués au bas de la nouvelle échelle de valeur puisque l'unique valeur de ce régime est l'argent, l'enseignant ne peut exercer son métier dans la dignité, il doit recourir à d'autres moyens pour subvenir à ses besoins.Tel maître ou tel professeur se métamorphose parfois en épiciers du dimanche ou marchand de fruits secs (Hammas) , tel autre assure des cours privés pour arrondir les fins de mois difficiles. Ces cours sont devenus de véritables monnaies d'échange pour l'obtention du passage d'un niveau à un autre. Ce phénomène va s'accentuer avec cette nouvelle réforme car l'enjeu est devenu encore plus important. Le marchandage peut commencer aussi bien dans l'enseignement public que dans le privé. La note a désormais une valeur marchande. Pour se payer des heures d'étude et une bonne moyenne annuelle et donc pour obtenir un diplôme il faudra désormais payer et de ce fait le diplôme perdra toute sa crédibilité.

  Nivellement par le bas: les conditions du rachat révisées à la baisse le rachat avec 7 de moyenne finale. Risques imminents: sur le plan national: un diplôme vidé de sa substance d'où la difficulté à suivre des études universitaires plus exigeantes, conséquences redoublement, départ sur le marché de l'emploi sans qualification, a moins de niveller par le bas l'enseignement supérieur aussi!!

 conséquence néfaste sur le marché de l'emploi et augmentation du nombre des chômeurs diplômés pour cause de diplômes déconsidérés.

Qu'a-t-il préparé ce régime pour résorber le chômage des diplômés? 

Quel intérêt y-a-t-il à mettre en place des concours tel que le CAPES quand on sait que la liste des admis doit être d'abord approuvée par le ministère de l'intérieur selon des critères opaques basés sur l'allégeance au régime ?

D'une manière plus globale et face aux défis de la mondialisation au lieu de renforcer notre compétitivité dans l'unique richesse dont disposent les Tunisiens à savoir la matière grise voilà que le régime, soucieux de sa survie au pouvoir, sacrifie ce formidable capital humain. Se pose alors la question de la réforme de l'enseignement qui doit être dépolitisé, pour promouvoir l'équité et la transparence et surtout promouvoir une formation à même de relever des défis auxquels nous devons faire face.

 Le Tunisien n'est pas dupe, il veut mettre toutes les chances de son côté pour assurer son avenir, on ne peut tromper les parents et les élèves de cette manière. Après avoir vidé toutes les institutions du pays de leur substance pour se substituer à elles (plus de justice, plus d'administration, plus de syndicat, plus de vie associative, plus d'état,...) le voilà qui s'attaque à un patrimoine national, le coeur de notre patrie et de son avenir, l'enseignement. Et cela n'est pas sans risque sur le plan international.

  International: risque de ne plus reconnaître un diplôme qui ne reflète pas un niveau suffisamment élévé pour intégrer les universités étrangères. Après la fierté que nous avions de détenir un diplôme tunisien, aujourd'hui les portes des universités risquent de nous être fermées à la figure. Au lieu de mettre en place une vraie réforme pour endiguer l'échec au bac, on assiste à un bricolage électoraliste. Après le nettoyage politique (point de parti après le RCD) Après le révisionnisme historique (point de Tunisie avant et après Ben Ali)

 On assiste aujoud'hui au Négationisme de l'enseignement bourguibien.

 

Education : le grand gâchis  

  
  
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