La
Tunisie est régie, depuis la constitution de 1957 et la
proclamation de la «République», par un régime dit «
présidentiel ».
Théoriquement, au niveau du droit
constitutionnel et de la science politique, ce type de régime
est censé être un mode de gouvernement démocratique.
A
l’instar des autres systèmes de démocratie pluraliste, tel
que le régime parlementaire, le régime présidentiel a comme
principal critère distinctif le fait que les organes de
gouvernement sont issus, directement ou indirectement, d’élections
librement disputées ; le consensus exigé des citoyens
doit s’élaborer à travers des procédures légales et
transparentes de régulation des conflits (principe électoral
de majorité, primauté de la loi, respect des libertés
publiques …etc.)
Une
spécificité, toujours théorique, du régime politique
tunisien est la séparation des pouvoirs. Les liens
institutionnels de dépendance réciproque entre l’exécutif
et le législatif, caractéristique du régime parlementaire,
cèdent leur place à une séparation radicale et rigide des
pouvoirs.
Mais
qu’en est – il vraiment de tout cela dans le vécu des
tunisiens ?
Avec
un parti unique, au pouvoir depuis 1956, une assemblée
monocolore, une présidence à vie, une magistrature martelée,
des partis légaux parfaitement domestiqués, une opposition réelle
harcelée, une torture systématique, des libertés confisquées
et un clientélisme largement répandu, la Tunisie peut faire
le modèle typique , non pas d’un régime présidentiel,
mais plutôt de son antinomique « présidentialiste »
capable de perpétrer, dans l’ombre, les pires exactions
contre les droits humains les plus élémentaires.
Dans
ce régime, la constitution ne serait qu’un trompe l’œil
qui dissimule un autoritarisme autoritarisme exacerbé réprimant
toute velléité démocratique
En
revanche, La société civile, par la détermination, la persévérance
et le dévouement de ses forces démocratiques, est
aujourd’hui en passe de constituer un nouveau bloc
historique autour d’un consensus érigeant l’idée républicaine
en espoir collectif.
Son
maître mot est : exerçons nos droits, ne les
revendiquons pas !
Que
peut donc faire, un régime usé et essoufflé, devant cette
immense avalanche irréversible vers l’Etat de droit et la
« République authentique ».