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Histoire de la Tunisie

 

par Imad BEN MOHAMED
Chercheur - Paris

La présence humaine sur le territoire tunisien remonte à l’ère préhistorique. Des nombreuses traces ont été découvertes dans les couches profondes du paléolithique inférieur. Selon les historiens, les berbères furent les premiers occupants connus de la région.

En 814 AV.JC, la Reine Didon appelée aussi Elyssa et dans l’achèvement d’une expédition phénicienne fonda Quart Hadasht (Carthage) qui se transforma rapidement en une grande puissance méditerranéenne avec le grand rival Romain.

Après trois grandes guerres puniques contre Rome de 264 à 146 AV . JC, Carthage se fut détruire. Les romains établirent ‘ Africa’ leur première colonie entre 146 AV . JC et 439. Cependant, une crise sociale et religieuse affaiblit la cité romaine et permit aux Vandales de conquérir la région en 439.

La présence des Vandales s’étendit jusqu’à la reconquête Byzantine en 533.

Mais, l’état d’insécurité et d’instabilité persista toujours au pays jusqu’à l’arrivée des Arabes musulmans en 647.

En effet, après plusieurs expéditions Oqba Ibn Nafaa fonda Kairouan en 670, première capitale musulmane où on a construit une grande mosquée toujours existante. La conversion des Berbères à l’islam contribua à l’expansion de l’islam dans tout le Maghreb et plus tard dans l’Andalousie.

Entre 800 et 909 la dynastie Aghlabide s’installa à Efrikiya. C’est dans cette époque qu’on a construit la mosquée de Zeitouna à Tunis, premier centre éducatif et culturel en Afrique. Plus tard, dans la période de 909 à 1159 les chiites Fatimides et la dynastie Ziride succédèrent aux Aghlabides dans le pouvoir. Mahdia prit la place de Kairouan en tant que capitale de la Tunisie nommée jusqu’à alors Efrikiya.

En outre, au moment où les pays du Maghreb sont indépendants les uns par rapport aux autres, les Almohades réussissent dans la période de 1159 à 1230   à les unir tous ainsi que l’Andalousie. Cette époque fut l’un des grands moments des expériences unificatrices dans l’histoire de la région.

Cependant, la tendance séparatiste fut toujours présente dans l’esprit des gouverneurs maghrébins. Les Hafsides ( 1236 - 1574 ) se déclarent indépendants et fondèrent leur propre dynastie.

Affaiblie par les révoltes tribales, les famines, les épidémies et les guerres de succession au sein de la dynastie Hafside, la Tunisie tomba dans les mains des Espagnols ; une grande force maritime à l’époque. La population à l’aide des Turques Ottomans réussissent à chasser les colons Espagnols. La Tunisie fut, désormais, une province Ottomane.

La présence des Ottomans se poursuivit jusqu’à la colonisation française de la Tunisie en 1881. La dynastie Husseinite fondée en 1705 gouverna même sous le protectorat français. Mais il faut dire que le pouvoir des Days et Beys fut très limité voire formel.

La période de colonisation française dura de 1881 jusqu’à 1956. Durant laquelle les tunisiens entamèrent une guerre de libération farouche contre les colons. Le parti Destourien 1920 présidé par Abdel Aziz Thealbi joua un rôle important dans le mouvement de mobilisation populaire, mais la lutte prit un autre élan avec le Néo-Destour sous la direction d’une nouvelle élite que le future président de la Tunisie Habib Bourguiba en ferait partie.

Après de longs combats militaires et politiques, les français finissent par octroyer aux tunisiens leur autonomie interne en juin 1955 puis l’indépendance le 2 mars 1956.La nouvelle assemblée constituante promulgua une nouvelle constitution, le régime républicain est proclamé et Habib Bourguiba nommé premier président de la Tunisie libre. Mais il a fallu attendre le 15 octobre 1963 pour que les troupes françaises quittent totalement le sol tunisien en évacuant leur dernière base militaire à Bizerte dans le nord du pays.

La Tunisie décolonisée fut un grand chantier visant la construction d’un Etat moderne et prospère. Des efforts énormes furent consacrés dans les domaines de l’administration, l’armée, l’éducation, la santé, l’agriculture, l’industrie.. etc. Mais, les choix des régimes économiques, socialiste dans les années 60 et 70, libéral dans les années 80 ne correspondrent pas à la réalité des problèmes économiques et sociaux du pays.

En outre, le totalitarisme de Bourguiba proclamé président à vie en mars 1975 et son parti socialiste destourien qui fut le parti unique dans le pays n'a pas permis  de libérer toutes les forces vivent de la société afin de contribuer à l'instauration d’une vraie démocratie en Tunisie.

La société civile cherchant à s'émanciper de l’hégémonie de l’Etat-parti entra dans plusieurs reprises dans des conflits avec le régime au pouvoir. Les mouvements de protestation de l’UGTT en 1978, les émeutes du ‘pain’ en 1984 et les manifestations de contestations menées par les mouvements politiques toutes tendances confondues aboutissent à un changement politique au sommet de l’Etat en 1987. Le premier ministre et ministre de l’intérieur à l’époque Zine El Abidin Ben Ali effectua un coup d’Etat dit ‘ médical’ et fut proclamé nouveau président de la république.

Le changement du 7 Novembre 1987 privé d’une légitimité constitutionnelle effectua quelques mesures d’apaisement politiques et social notamment dans le domaine des libertés publiques. Mais, la montée spectaculaire de la mouvance islamiste, très nette lors des élections d’Avril 1989, la logique sécuritaire toujours dominante dans l’esprit de l’élite gouvernante et l’infiltration des groupes mafieux dans l’appareil d’Etat contribuèrent au retour d’un totalitarisme accru, plus radical et omni-oppressif. En fait, l’événement de Novembre 1987 fut un changement dans le régime au pouvoir et non pas un changement du régime en place.

Toutefois, le totalitarisme politique des années 90 n’est pas du uniquement à la forte puissance de l’Etat mais il est du aussi à la faiblesse de la société civile. Autrement dit, le régime au pouvoir n’est pas si fort et si invulnérable, mais c'est l’opposition qui est si faible et vulnérable.

Reste à espérer que les années 2000 qui couronnent la lutte des activistes dans le domaine des droits de l’homme, des parties politiques qui s'associent pour promouvoir la démocratie et les libertés, des organisations et autres syndicats qui se débarrassent peu à peu de la tutelle du parti au pouvoir, puissent apporter des changements historique en vue de redonner au citoyen sa dignité, au peuple sa souveraineté et à l'Etat sa légitimité.

 

  
  
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