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par Abdelkader Jebali
Chercheur - Paris
La
Tunisie - jadis Ifrikya- est un pays de l’Afrique du nord.
Elle s’étend très profondément dans la Méditerranée et
la longe sur environ 1500 km. Cette position géographique
transitoire en l’Europe froide et l’Afrique sub-saharienne
chaude lui confère par conséquent (d’ailleurs comme les
deux autres pays du Maghreb à savoir l’Algérie et le
Maroc) des spécificités écologiques remarquables sur une
superficie assez petite.
Le
relief et le désert du Sahara qui couvre une grande partie de
la Tunisie, influent beaucoup sur le climat et par la suite
sur la répartition des différents grands écosystèmes du
pays : les forêts méditerranéennes au nord, la steppe
au centre et le désert au sud.
Cette
diversité des milieux, malheureusement trop anthropisée
aujourd’hui, est la source d’une richesse naturelle
exceptionnelle qui s’est vue transformer et décroître au
fil des siècles.
Population :
La
population tunisienne, estimée à 2 millions au début du 20e
siècle, a atteint les 10 millions à sa fin soit une
multiplication par 5. Cette croissance sur une surface limitée
a engendrée une pression accrue sur les ressources sans que
cela soit accompagné d’un programme de sensibilisation
environnementale clair et d’une politique d’aménagement
du territoire précoce et efficace. Ainsi tous les milieux
naturels qu’abrite la Tunisie sont profondément touchés
aujourd’hui ce qui s’est répercuté sur leur capacité de
se renouveler et par suite sur leurs productivités.
Le
littoral :
Le
littoral tunisien abrite les deux tiers de la population
nationale avec 90% des infrastructures hôtelières et plus de
80% des zones industrielles. Sans doute, ceci ne va pas sans répercussions
sur l’environnement.
En
fait, cette pression entraîne une érosion marine de
plusieurs sites et une perturbation dans le cycle de formation
des dunes littorales (plages) par suite du taux élevés des
implantations souvent dépourvues de tout aménagement. D’ou
une laideur incompatible avec la promotion d’un tourisme basé
essentiellement «sur les longues plages de sable fin »
( !).
La
concentration urbaine sur le littoral a provoqué d’autre
part, comme dans le cas Sahel (Sousse) une salinisation des
terres à cause d’une surexploitation des nappes phréatiques.
Dans
le Golf de Gabès, le complexe industriel de Ghannouch, a
gravement altéré l’écosystème marin par le déversement
en mer depuis plus de 25 ans d’une quantité de phosphogypse
estimée à 70 millions de tonnes. Ceci a entraîné la perte
des 2/3 de la biodiversité au niveau de la macro-faune
benthique et l’apparition de «marrées à eaux rouges »
dues à une explosion d’une microphyte toxique la Gymnodinium
splendeus.
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