| Une économie
émergente |
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par
Sami EL GOUDDI Chercheur - Paris
Au
lendemain de leur indépendance, la plupart des pays arabes
dont la Tunisie ont eu recours à un modèle économique différent
de celui hérité du colonialisme.
Ayant
pour fondement idéologique le nationalisme arabe, l’expérience
de Ben Salah en Tunisie s’est donné pour but la
constitution d’une économie à croissance cumulative et
entretenue à travers la structuration d’un appareil
productif cohérent et autocentré.
Une
telle politique ne saurait être mise en oeuvre tant qu’elle
ne prend pas appui sur un Etat fortement interventionniste. Il
en résulte alors un schéma de développement inspiré de
l’“industrie
industrialisante”
élaboré par G. Destanne de Bernis et qui suppose le choix de
quelques industries susceptibles de guider par l’effet
d’entraînement l’ensemble de l’économie nationale dans
un processus de développement.
C’est
ainsi qu’entre 1961 et 1969 la croissance moyenne du PIB avoisinait les 4.2% par an et la croissance annuelle moyenne
des industries manufacturières était de l’ordre de 5;2% au
cours de la période 1962-1971. La formation brute du capital
qui était à un niveau inférieur à 12% du PIB entre 1956 et
1960, atteint depuis des niveaux avoisinant les 17.1% et 22.6%
du PIB selon les années avec un pic à 27.6% en 1965.
Toutefois
ces chiffres a priori satisfaisants ont leur pendant ; en
effet le financement de la plus grande partie de
l’investissement a poussé l’économie tunisienne à
augmenter son recours aux emprunts extérieurs. Ces derniers
progressaient à un rythme annuel de 17% entre 1961 et 1969,
il en est résulté un poids de dette allant croissant,
atteignant plus de la moitié du PIB à la fin de la période
considérée.
Cette
politique a entraîné l’économie tunisienne dans une
spirale d’endettement qui s’est traduite par
l’utilisation des dettes nouvellement accordées au service
de la dette ancienne, plus que pour financer les
investissements dans les activités génératrices de
croissance.
Un
examen rapide de la façon dont les pouvoirs publics ont été
amenés à mettre en place cette stratégie de substitution
aux importations montre à quel point ils se sont embourbés
dans les contradictions. En effet, à la volonté de réduire
sa dépendance vis à vis de l’étranger en important moins
de produits de consommation, succède une dépendance plus
subtile et plus pesante qui consiste à importer des produits
technologique et de l’argent avec leur corollaire évident :
fragilisation du pouvoir politique face à l’étranger.

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