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par Salim BEN HAMIDANE
Doter
les concepts de définitions scientifiques précises est,
certes, une œuvre difficile. En effet,
plusieurs dimensions décident de leurs portées. Qu’il
s’agisse de l’Etat, de la démocratie, de la liberté …
ou du Droit, les constantes sont parfois nuancées, et les
variables en mutations permanentes.
Pour ce qui est du Droit,
les définitions sont à la diversité des approches, celles
– ci à la multiplicité des écoles. L’on distingue
souvent, dans la théorie juridique, deux grandes écoles,
celle du droit naturel et celle du droit positif.
On appelle Droit positif «
l’ensemble des règles ou lois qui gouvernent les rapports
sociaux des individus » (Victor Cousin, Du vrai, du beau …p
398).
Quant au Droit naturel, il
devient aussi « le droit non – écrit, supérieur au Droit
écrit parce qu’il n’a pas besoin de celui – ci pour être
reconnu. Il n’en est pas moins historique …en évoluant,
il force le Droit écrit à évoluer (F.Weil, Philosophie
politique, p 39).
Herburt Marcuse s’est
exprimé sur le conflit entre les deux Droits. Voici un
passage extrait de sa conférence sur « Le problème de la
violence dans l’opposition » :
« Ce conflit entre deux droits, tout opposition qui dépasse
la sphère privée le rencontre. L’ordre établi détient le
monopole légal de la force et il a le droit positif,
l’obligation même d’user de cette violence pour se défendre.
En s’y opposant, on reconnaît et on exerce un droit plus élevé.
On témoigne que le devoir de résister est le moteur du développement
historique de la liberté, le droit et le devoir de la désobéissance
civile étant exercé comme force potentiellement légitime et
libératrice. Sans ce droit de résistance, sans
l’intervention d’un droit plus élevé contre le droit
existant, nous en serions aujourd’hui encore au niveau de la
barbarie primitive ».
Par ailleurs, le Droit,
comme notion abstraite, pourrait être subdivisé en plusieurs
familles et catégories, selon le critère de discernement
(ressources de la norme juridique, objet, objectifs).
Du point de vue des
ressources, l’on distingue cinq grandes familles de droit
(la famille Gréco – romaine, germanique, anglo-saxonne,
islamique et indienne)
Du point de vue des
objectifs, le droit à dimension religieuse ou métaphysique
se distingue de celui à dimension exclusivement profane.
Pour ce qui est de
l’objet, le Droit pourrait être répertorié en diverses
catégories et sous catégories (Droit privé, Droit public,
D. international, D. civil, D. constitutionnel, D. d’auteur,
Droits de l’Homme …etc.)
De nos jours, avec la
montée
du phénomène de la mondialisation juridique, les droits de
l’Homme bénéficient d’une stature internationale déterminante
et incontournable. Les dictatures sont désormais acculées à
s’enjoliver davantage avec des façades démocratiques.
En Tunisie, le phénomène
est d’une autre ampleur ; nous assistons actuellement à la
montée en puissance d’une nouvelle catégorie de Droit
surnommée « Le droit hypocrite ». Pour y faire face, nos
chers concitoyens juristes sont appelés à agir promptement
afin de mettre en place un véritable dispositif de sécurité
juridique, mobilisant pour cette noble mission, toutes les
valeurs et tous les principes supérieurs au droit positif
tunisien.
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