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par
Dr. Moncef MARZOUKI
En Tunisie après le putsch
médical se prépare le putsch constitutionnel.
Expliquant sa prise du
pouvoir en 1987, par la nécessité de mettre
fin à la présidence à vie instituée par Bourguiba, Ben Ali
se prépare à la réinventer lors des ‘’élections ‘’
présidentielles en 2004 .
Des rabatteurs sont en train
de mobiliser des constitutionalistes internationaux.
Ces mercenaires du droit
auront pour tâche de trouver la faille permettant de faire
dire à la constitution tunisienne qui interdit un quatrième
mandat, qu ‘elle le permet en fait.
On nous fera ensuite le coup
des militants du parti, et des ONG bidon de la société
civile, qui, effrayés par le terrible vide que risque de
laisser le départ de Ben Ali, le supplient de rester encore
un peu par amour de la Tunisie.
Contraint et forcé, il va
annoncer qu’il va s’en remettre à la volonté du peuple
et lui demander par référendum s’il veut bien modifier la
constitution afin lui permettre de se sacrifier encore pour le
pays.
Puis On fera sortir les
foules dans la rue pour un joli référendum dans les pures
traditions électorales du parti unique.
Gageons que l’on évitera
le trop ridicule 99%, mais que l’on ne pourra pas aller
très loin dans les chiffres en dessous. On pourrait croire
que le peuple n’est pas enthousiaste.
Bien entendu, le beau score
ne pourra être obtenu qu’au prix de la terreur et la
fraude. Tout cela au vu et au su de tout le monde, à quelques
encablures des côtes Sud de l’Europe, et au début du vingt
-unième siècle.
Toute la Tunisie rejette
avec force ce scénario catastrophe
Mais c’est aussi la
responsabilité de tous les pays Démocratiques et de la
société civile internationale, de ne pas accepter que la loi
internationale, qui reconnaît aux peuples le droit à l’autodétermination,
y compris à l’intérieur de leurs frontières, soit
bafouée de façon aussi criante.
A l’occasion des
élections tunisiennes de 2004, le monde doit avancer dans la
mise en place de mécanismes anti-dictature, en édictant le
principe de non-reconnaissance de résultats électoraux
obtenus d’un peuple par la fraude sous la contrainte de la
force brutale .
La dictature n’est pas une
malédiction, comme la sécheresse ou l’avance du désert,
accrochée à nos basques jusqu’à la fin des temps, C’est
une maladie de notre système politique, qui aggrave tous nos
problèmes et dont nous devons impérativement guérir.
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